Ramona Cordova

"Son album "The Boy Who Floated Freely" se présente comme un de ces ovnis trans-genres s'inventant ses propres formes: ni musique pour enfants, ni conte musical, ni folk, ni musique de gitans mais un peu tout cela à la fois. Une musique qu'habite un supplément d'âme, sans doute la part la plus impalpable de ce disque et, pourtant, la dernière chose qui en restera.
Ni Ella Jenkins, ni Marc Bolan, ni Joanna Newsom, ni Ivor Cutler, ni José Afonso,ni Robert Wyatt mais sans doute une commune capacité à créer de toute pièce un univers jamais entendu par ailleurs"
(…)Du haut de ses 21 ans, cet Américain east coast joue de son identité flottante, favorisée par une ascendance compliquée (Canaries, Porto Rico, Haïti et Philippines, côté grands-parents), aujourd'hui entretenue par le nom de son projet (Ramona Córdova n'est autre que le nom de sa grand-mère), sa voix de fausset et son goût pour les contes de fées :
"Pour l'essentiel de cet album, des histoires comme Blanche Neige et Pinocchio ont beaucoup compté dans la manière dont j'ai décidé de chanter, et pour les choix de lignes mélodiques que j'ai faits pour ma voix et la guitare". (…) "Je crois vraiment que je n'ai fait rien d'autre que m'asseoir et réfléchir jusqu'à ce qu'une bonne histoire jaillisse. Au tout début, mon intention était de raconter une histoire et de trouver les moyens de donner l'impression à chacun d'être au cœur de cette histoire. Puis l'histoire est devenue l'histoire d'un gamin sur une île, puis l'histoire d'un gamin sur une île qui rencontre des gitans, puis l'histoire d'un gamin sur une île qui rencontre des gitans et tombe amoureux (…) J'adore les gosses et raconter des histoires. Mais je n'ai pas pour autant pensé qu'il fallait que je fasse une histoire qui ait trait à l'enfance. Je crois plutôt que ce qu'on entend sur mon disque, ma voix de fausset, ces voix chevrotantes que je pouvais entendre sur des chansons d'époque, et les choeurs qui tapissaient les ouvertures de vieux films allaient de pair avec les films pour enfants comme Blanche Neige".
[Maxime Guitton / Chronicart]

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